L’ENSEIGNEMENT ET LA TRANSMISSION DU SAVOIR

Comme le savent déjà tous ceux qui nous suivent dans nos actions et stages techniques ou pédagogiques, notre volonté est d’apporter des outils complémentaires dans le cadre d’une formation ou information permanente mais non qualifiante au sens fédéral du terme.
La formation qualifiante est du ressort de la FFKDA pour les diplômes d’enseignement qu’elle propose (DAF/DIF/), mixtes (CQP), ou de l’Etat (DEJEPS et DESJEPS), qu’ils soient à vocation bénévole ou professionnelle.
Les stages, séminaires et toutes actions de formations complémentaires que nous proposons s’adressent soit à des personnes déjà qualifiées, soit qui le deviendront par les filières énoncées ci-dessus, ou simplement pour toutes celles et ceux qui souhaitent enrichir leurs connaissances et compétences dans les domaines que nous proposons.
Il s’agit donc d’initiatives non concurrentielles mais complémentaires, ouvertes à toutes et tous, dans le respect des prérogatives de chacun, favorisant l’échange transversal des connaissances, la recherche et la prospection pour assurer une meilleure transmission des savoirs.
Quelle que soit la qualité des formations dispensées par les organes de la fédération, que ce soit à l’échelle départementale, régionale ou nationale, le besoin de formation continue est une constante qui revient dans les propos et les demandes des enseignants que nous croisons.
Cette demande ne se réduit pas à des compétences techniques mais aussi, et surtout pour les enseignants diplômés, à l’approfondissement, au perfectionnement des savoirs faire pédagogiques.
Qu’il s’agisse de renforcer ou de perfectionner son savoir-faire ou d’acquérir de nouveaux outils pédagogiques pour satisfaire des publics différents aux motivations multiples, la demande est forte et ne peut être assumée par les seuls rouages fédéraux. Manque de temps ou de cadres, disponibilité des uns et des autres, coûts ou opportunités des actions, il est indispensable que les actions fédérales soient complétées par celles des acteurs de terrain que nous sommes.
Ces actions sont utiles et bénéfiques car elles complètent et renforcent les compétences acquises tout en ouvrant, le cas échéant, d’autres perspectives.
Si la délivrance des diplômes reconnaissant l’aptitude à enseigner sont bien du ressort fédéral ou de l’Etat, l’accès aux connaissances complémentaires de soutien et de perfectionnement général ou particulier est tout à fait compatible avec une action indépendante, celle-ci étant le plus souvent dispensée par des formateurs licenciés de la FFKDA, souvent même des piliers de l’action « sur le terrain ».
Les nombreux stages que chacun propose attestent bien de cette dynamique de maillage territorial aussi bien technique que pédagogique pour le plus grand bénéfice de chacun, en toute simplicité et humilité bien sûr.

Au plaisir de vous retrouver sur nos routes !

« Le savoir ne vaut que s’il est partagé. »

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KARATE DEFENSE ?

En réponse à une question doublée d’une affirmation que l’on me fait souvent :  » A quoi bon préciser Karaté défense, alors que le karaté c’est de la Self défense ? », je tiens à préciser ceci :

1 – Si le karaté ancien pouvait représenter une technique de combat de défense personnelle adaptée à la situation locale (Okinawa ou Japon des débuts du 20ème siècle…), qui peut prétendre que le contexte contemporain, notamment en France ou dans les divers pays du monde occidental est équivalent ?

2 – Chaque pays est doté d’un cadre légal et juridique spécifique concernant la légitime défense et le nôtre n’est pas en reste, loin de là, qu’on le regrette ou l’accepte.

3 – La pratique du karaté moderne ou ancien repose sur des bases techniques et situationnelles liées principalement à l’idée du combat « total », à l’issue souvent supposée définitive, et essentiellement basée sur les techniques de percussion.

4 – La nécessité de suivre un protocole (salut, tenue d’entraînement, codes et rituels divers) et un cadre formel de mise en pratique généralement conventionnelle et codifiée (kihon, kata, kumite), ne permet pas la pleine expression des principes d’action/réaction situationnels propres au cadre de la self défense qui trouve son champ d’expression à l’extérieur des dojo et salles d’entraînement, dans la vie quotidienne.

En conséquence, et bien que nombre de principes et techniques développés au sein du Karaté (Do ou Jutsu), soient forcément et nécessairement utiles à l’expression de sa composante Karaté défense (karaté goshin jutsu), sinon à quoi bon l’appeler KARATE DEFENSE, il n’en demeure pas moins que cette pratique complémentaire ou exclusive du karaté présente des caractéristiques qui lui sont propres et détermine sa nature vitale : La self défense par le karaté adaptée aux publics, motivations et cadre légal de notre société.
Ne pas accepter cette évidence, c’est laisser le champ libre, même si je ne suis pas opposé aux autres méthodes et disciplines spécialisées dans ce domaine qui répondent à ces problématiques et que certains karatékas, pratiquant mais aussi enseignants, rejoignent, hélas, par manque de connaissance ou transfert des compétences d’un domaine à l’autre. Souvent aussi hélas, pour des raisons liées à l’attrait supposé du public pour ces disciplines et le gain de licenciés que cela peut permettre… !?
Enfin, je reconnais que cette évolution (révolution), culturelle de la vision de notre discipline (art martial/sport de combat ?), dans la sphère des disciplines contemporaines de défense personnelle n’est pas évidente et j’engage chacun à se poser les bonnes questions, si tant est qu’il en ait le temps et l’envie.
Bonne réflexion et n’hésitez pas à me contacter ou venir me rencontrer lors de nos stages et séminaires si vous souhaitez prolonger la discussion ou vous investir plus avant dans cette « voie »..

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« DANS LA RUE…. ! »

Cela fait déjà pas mal de temps que cette expression banale et banalisée dans le monde des sports de combat, arts martiaux et surtout des méthodes de défense personnelle est érigée en vérité absolue. La rue, cet univers hostile, dangereux, objet de tous les fantasmes des amateurs de self défense est devenue, par analogie « la jungle ».

A en croire nombre de certains « spécialistes », la rue est ou à toujours été, le symbole d’une société en pleine déliquescence où le danger rôde à chaque pas.  Chaque personne que nous croisons serait donc un danger potentiel. Chaque trottoir, porte cochère, angle, coin, escalier, un piège pour le citoyen lambda qui croit naïvement que l’espace public est un lieu de liberté où il pourrait faire bon flâner.  Naïfs que nous sommes. Non ! La rue c’est l’enfer.

Ce message martelé et propice à entretenir une vision quasi apocalyptique de notre société, de notre quotidien, vise en fait à développer un sentiment paranoïaque d’insécurité déjà installé par les médias qui martèlent ce message sans retenue jusqu’au plus profond de nos campagnes.  Certes, le monde extérieur n’est pas tout rose.

Certes, les agressions sont une réalité qui peut concerner tout le monde et chacun à un moment ou un autre, surtout en milieu urbain ou périurbain. Les occasions ne manquent pas : Vol à l’arraché, agression au distributeur de billets, dispute pour un problème de stationnement, de file d’attente au supermarché…. Regard de travers, expression malheureuse ou mal interprétée. Réaction à une incivilité, jalousie, méchanceté, violence gratuite….Bref, la liste serait longue mais pour autant doit-on s’enfermer dans une logique de défiance et d’enfermement autour d’une logique de réponse à la violence par la violence, supposant presque toujours que chaque acte d’agression est ultime et met en jeu notre vie ?

Si se défendre est légitime et prévu par la loi (article 122-5 du code pénal et suivant), n’oublions pas que le texte s’accompagne de mesures limitatives et notamment la proportionnalité, la nécessité et la simultanéité de l’acte commis.  N’omettons pas de marteler ce message que, si sur le plan de l’éthique personnelle, certains pensent qu’il vaut mieux « faire le boucher que le veau », ou encore, selon la règle du « 6 / 12 », c’est-à-dire « qu’il vaut mieux être jugé par 12 jurés d’assises que porté par 6 amis dans son cercueil »…celui-ci ne peut être en aucun cas relayé par des enseignants, formateurs, éducateurs responsables que nous devons être.

Que la panoplie situationnelle des types d’agression est vaste, tout autant que les niveaux de réponse à y apporter. De la fuite en passant par le dialogue, le désamorçage, le désengagement, ou la réponse physique, à mains nues ou avec tous objets, moyens et renforts à disposition, la panoplie est sans limite autre que celle de notre capacité à gérer un évènement d’intensité variable, prévisible ou non.

Enfin, pour ceux qui l’ignoreraient, j’indique que, contrairement aux fantasmes des uns et des autres, la réalité de la violence quotidienne s’exerce bien plus souvent (les statistiques ne manquent pas), au domicile, en famille ou entre amis, sur le lieu de travail et dans de nombreux endroits autres que « la rue ».

Quant aux agressions à l’arme blanche ou objets contondants de toutes sortes, elles sont rares et surviennent souvent inopinément, lors d’une crise non préméditée (arme de circonstance).

Enfin, et pour les cas les plus extrêmes, je rappelle que la France, pour prendre cet exemple, n’est que le 25ème Etat au monde dans le classement des violences avec armes à feu, loin derrière des pays comme le Brésil ou les Etats-Unis et que, de manière générale et vérifiée, c’est dans les pays où le droit de posséder une arme est le plus libéral que le nombre de morts par armes et feu est le plus important.

CQFD !

Bonne réflexion

Christian PANATTONI – Concepteur du Karaté Defense System

Nota : Ces thématiques seront abordées et rappelées lors des prochains séminaires Karaté Séfense Système (KDS) qui se dérouleront à Palaiseau (91) les 25 et 26 Mars 2017 et à Sainte Eulalie (33), les 20 et 21 Mais 2017 (voir site karaté défense system.fr).

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L’ENTREE DU KARATE AUX JO

L’annonce imminente de la décision du CIO d’accepter le Karaté comme discipline olympique pour les jeux de 2020, et même à titre « temporaire », puisqu’il faudra refaire la demande pour 2024 comme le veut la procédure, suscite déjà de nombreuses réactions.

Il y a les « POUR » : Un nombre importants de dirigeants, enseignants et pratiquants militent pour que le Karaté soit reconnu comme une discipline Olympique.
Pour eux, le Karaté est depuis longtemps entré dans la sphère des sports de combat, qu’il soit d’origine martiale ou non, c’est ainsi.
La logique d’une fédération sportive est bien de travailler à la reconnaissance de son activité par les instances internationales et au plus haut rang desquelles se trouve le mouvement Olympique.
Les motivations peuvent être multiples :
-      Reconnaissance médiatique et populaire
-      Apport financier  non négligeable, de l’état, des instances territoriales et des partenaires privés (sponsors).
-      Renforcement de la filière du haut niveau et apport de cadres spécialisés non négligeable.
-      Accroissement du nombre de licenciés dans les clubs, même pour les « non sportifs ».

Il y a les « CONTRE » : Pour certains le Karaté Do, est « un et indivisible ».
Art martial, sa pratique n’est pas compatible avec « l’esprit de compétition » qu’impose la pratique sportive.
La « tradition » n’est pas négociable et le sport olympique représente un risque majeur de délitement du karaté traditionnel et de ses valeurs dans le « tout sportif ».
En clair, le sport est porteur de valeurs négatives alors que les arts martiaux sont parés de toutes les vertus.

Il y a les «SANS OPINION» : Ceux-là n’ont pas ou peu d’avis. Ils attendent pour se faire « une idée ». Soit parce qu’ils pensent que de toute façon leur opinion compte peu, soit parce qu’ils n’ont pas une idée précise du sens de leur pratique : Un peu traditionnelle, un peu sportive, un peu éducative ou de loisir. Pour eux, les retombées pourraient être intéressantes : Apport de licenciés dans les clubs, voire augmentation des subventions. Médiatisation….. et les inconvénients finalement assez peu significatifs, se situant dans le « ventre mou » de la pratique et finalement peu concernés par le débat.

En fait, le mouvement est en route et chacun trouvera, en fonction de ses convictions et du résultat, des raisons d’être heureux, de déplorer cette évolution ou de constater sans prendre partie. Ce qui est sûr, c’est que chacun, au gré de son parcours et de ses motivations doit continuer à apprendre, à se perfectionner, à pratiquer, partager et échanger ses connaissances dans le respect de l’autre.
Le karaté « de demain » se construit aujourd’hui sur les bases qui nous ont été transmises à travers les époques, anciennes et modernes, et que, Olympisme ou pas, il sera ce que nous voudrons en faire, individuellement ou collectivement.
Pour ma part, je pense sincèrement que l’accès à l’Olympisme sera une excellente chose pour le karaté sportif. Cela va dans le sens de la modernité et de l’ouverture voulue par les pères fondateurs du karaté moderne, renforcée et développée par leurs successeurs, et que nul ne songe à remettre en cause aujourd’hui.
Le sport n’est pas forcément quelque chose de négatif et n’est pas forcément porteur de tous les maux qu’on lui attribue souvent à tort. « L’esprit » sportif porte en lui des valeurs essentielles et il est de notre devoir de veiller à ce qu’elles demeurent et se développent.
Les arts martiaux, ou « sports martiaux », ou « arts de combat », appelez-les comme bon vous semble, sont les garants de la transmission d’un savoir ancestral mais forcément modifié et enrichi au cours des siècles, surtout depuis la seconde moitié de 20ème siècle, notamment avec leur développement massif et populaire en occident.

En conclusion, l’important est bien de conserver nos convictions et valeurs qui, si on reste objectif et ouvert, sont interdépendantes et ne sont l’apanage de personne en particulier. A chacun son « kimono », et quoi qu’il en soit, on ne lâche rien… « HAJIME » !!!

Christian PANATTONI

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Amis KARATEKAS et autres pratiquant d’arts martiaux, sports de combat et disciplines de défense personnelle qui venez visiter mon site et/ou qui me croisez tout au long des stages et formations que je dispense, voici mes dernières réflexions, et les premières de l’année sur mon ressenti relatif à l’évolution de la pratique et de l’enseignementdu KARATE, notamment dans le domaine de la défense personnelle.

KARATE  ?!

La diversification des pratiques que l’on constate depuis plusieurs années dans la sphère des arts martiaux et des sports de combat, sil elle peut être à différents égards intéressante, voire louable, donne lieu à une frénétique chasse au pratiquant, chacun vantant ses mérites, convaincu de détenir « la vérité » !.
Comme je l’ai déjà plus ou moins évoqué, plus que moins me semble t-il, il est toujours navrant de constater que certaines personnes jouent sur les marges, copient, détournent, utilisent puis jettent, les enseignements qu’ils ont reçu, imité ou usurpé pour s’en faire ensuite les hérauts, en omettant soigneusement au passage, pour certains d’entre eux, de citer leurs références et influences, voire en endossant un costume qui n’est pas le leur !
Pour ma part, respectueux du cadre fédéral, et en particulier de ce qui a toujours motivé ma démarche personnelle de pratiquant, le KARATE,  j’ai développé un concept de KARATE DEFENSE, qui, même si je l’ai « labellisé » du vocable « SYSTEM », pour l’identifier, n’en demeure pas moins une pratique adaptée du KARATE au domaine de la défense personnelle.
Cette pratique s’intègre dans le contexte de notre société qui n’est pas celle du japon médiéval, de la France occupée ou d’une terre lointaine en proie aux affres de la guerre ou de je ne sais quel totalitarisme, même si l’actualité nous rappelle de temps à autre et cruellement la nécessité de rester vigilant
Aujourd’hui, je constate que même parmi les enseignants du KARATE,  hélas, certains se tournent vers d’autres disciplines, soit parce qu’ils les jugent « plus efficaces » dans ce domaine, à tort ou à raison, peu importe, mais aussi parce qu’elles sont, selon leurs dires,  plus dans l’air du temps, « à la mode… », et sources d’un nombre de licenciés plus important.
Loin de moi l’idée de réfuter le bien fondé ou l’efficacité supposée de telle ou telle discipline ou méthode, chacune est certainement respectable car, comme on le dit si bien, de toute façon ce n’est pas la technique mais la personne qui fait la valeur d’une méthode !
Toujours selon ces mêmes « enseignants », le mot « KARATE », ferait encore peur dans les chaumières, au même titre que le loup garou ou l’abominable homme des neiges, ou ne ferait pas sérieux quand on parle de self défense, le KARATE n’étant pas adapté car étant avant tout, si on comprend bien  leur propos, un art martial ou un sport de compétition, un point c’est tout !
La belle affaire ! C’est faire là preuve d’un raccourci historique infondé car le KARATE, qui ne se limite pas aux pratiques modernes, était avant tout un art de défense personnelle pour les Okinawaiens, avant de devenir, à l’époque moderne (Eh oui, on était moderne déjà à la fin du 19ème siècle puis tout au long du XXème …), un BUDO puis un sport de combat et de compétition dont la version contemporaine exprime effectivement cette volonté de faire passer l’aspect défense personnelle au second plan.
Faute de faire l’effort de chercher ou d’expérimenter d’autres approches du KARATE (GOSHIN JUTSU), d’en identifier les sources ou de faire évoluer ses connaissances en la matière, on voit donc éclore des appellations, des intitulés de clubs, activités et sections SELF DEFENSE, qui amalgament le KARATE « DEFENSE », avec d’autres disciplines « porteuses », jetant le doute sur la nature de la discipline pratiquée et enseignée.

A contrario, et sauf à ce que je me trompe, ces autres disciplines quant à elles ne s’amalgament pas au KARATE DEFENSE en particulier, et au KARATE en général, faisant même plutôt du prosélytisme « anti » KARATE (DEFENSE y compris), prenant souvent un air condescendant à l’égard des « pauvres » karatékas ignorant de la réalité de la self défense, du « combat réel » ou de la « bagarre de rue »…. !
Alors, à quand le sursaut d’orgueil, la réappropriation de ce qui NOUS appartient ?

Pratiquants, professeurs de KARATE, soyez fiers de votre discipline, de vos pratiques. Soyez les premiers à défendre notre discipline et ses applications dans le domaine de la DEFENSE PERSONNELLE.
Comme je l’ai déjà écrit, soyez curieux, échangez, partagez avec les autres, au sein du KARATE ou ailleurs, mais restez vous-même, à moins de croire que vous ne sachiez pas bien qui vous-êtes, d’où vous venez et où vous voulez aller !
Le clientélisme dans nos dojos est compréhensible, mais pas au prix de notre identité de KARATEKAS…. !
Pour ma part j’ai fait mon choix depuis longtemps et ne renierais jamais mes 42 années de pratique que j’ai pu enrichir au contact de nombreux experts de KARATE, toutes tendances et écoles confondues, mais aussi d’autres disciplines et pratiques professionnelles, qui tous ont contribué à construire ce que je suis et propose aujourd’hui.
Le KARATE DEFENSE, qu’il soit labellisé SYSTEM ou non, n’est qu’un aspect « utilitaire » du KARATE DO, qui lui a des visées plus nobles, plus hautes, plus formatrices et universelles.
Je sais d’où je viens et que je peux m’appuyer sur les valeurs, principes et techniques que développe le KARATE, tout en sachant aussi que je peux puiser dans ses différentes déclinaisons qu’il me sera utile de proposer en fonction de l’objectif poursuivi et de la demande des différents publics qui viennent à moi, sans pour autant chercher à les  « détourner » de leur démarche personnelle.
Tous nos adhérents ne sont pas motivés par la « survie », obnibulés par la peur d’être agressés ou le désir permanent de prouver qu’ils sont plus forts que leur voisin de palier !
La responsabilité d’un enseignant est immense. Il exerce une influence importante sur ses élèves. Il est le garant de nos valeurs et principes tout autant que de la santé, de l’intégrité physique et de l’équilibre psychologique ou émotionnel de ces derniers.
Encore une fois je le répète, chacun est libre de ses choix mais j’ai du mal à comprendre pourquoi tant d’enseignants se détournent des trésors que recèle notre discipline (bon, dans certains cas j’ai bien ma petite idée mais…..), pour se tourner vers d’autres pratiques, certes honorables, mais qui ne sont pas LE KARATE, allant même parfois jusqu’à prôner leur efficacité supérieure face à un KARATE qui, selon eux, serait désuet et inadapté, ou selon la sacrosainte expression qui ne veut rien dire « Inefficace ! » (« L’efficacité »,  je le rappelle, n’étant que la capacité à atteindre un objectif fixé).
C’est là faire preuve de peu de respect pour le KARATE, ainsi que pour ceux qui le pratiquent et l’enseignent.
Alors que faire ? Vers qui se tourner si l’on pense être dans l’erreur, si notre pratique ne nous satisfait plus ?
Je n’ai pas de réponse absolue à cela si ce n’est que d’exhorter ceux qui sont dans ce questionnement à privilégier la rencontre avec les professeurs et experts de KARATE, voire d’autres disciplines toutes aussi honorables, qui pourraient leur apporter les réponses utiles à leur recherche, à puiser en eux les ressources nécessaires à une meilleure compréhension et adaptation du KARATE, en fonction de leur orientation de pratique : KARATE DO, MARTIAL, JUTSU, DEFENSE, CONTACT. ENERGETIQUE, SANTE….., complété ou non par un travail des armes (anciennes ou plus modernes, réelles ou de circonstance…).

Je ne pense pas, comme j’ai pu le lire dans un article publié par un « ancien champion », qu’il faille regretter ou se défier du « morcellement » des pratiques du KARATE, qui serait la source de son appauvrissement et empêcherai les rencontres entre pratiquants… ! Si le KARATE est un art, alors il est naturel que des artistes essaiment un peu partout, que des chefs de file, des chercheurs, des passionnés créent et proposent leur vision de l’Art qu’ils pratiquent. Quant à savoir si cet « art » est bon, seul le public peut en juger et je ne vois pas pour ma part qui pourrait bien détenir l’absolue vérité.
Ramener ce propos aux autres arts (plastiques, musicaux, littéraires….), cela voudrait donc dire qu’on devrait en rester à un art de masse, un art « officiel » ? Plus de création, d’innovation, d’audace, d’inventivité… ? On peint tous comme…. Comme qui au juste ? On écoute tous la même musique…. Celle de qui au juste ?….. Qui sont les maîtres, qui sont les garants de la « tradition » figée à tout jamais dans le marbre du passé ?
Pour ma part je crois en l’innovation et en la créativité que les adeptes apprécieront ou pas car de toute façon c’est toujours le public qui décide de ce qu’il souhaite suivre ou pas.

Certes cela à un coût en temps, en énergie, en réflexion, en recherche et expérimentation, mais le jeu en vaut la chandelle, soyez en persuadés et continuez ainsi à donner toute sa valeur et toute sa place au KARATE dans toute sa richesse et sa diversité, revisité par votre propre recherche et votre créativité.
Je conclurai en me permettant cette parabole puis en citant un célèbre maître de Karaté d’Okinawa :

« Le KARATE, est comme l’iceberg. On n’en voit que la partie émergée et pourtant l’essentiel se trouve dessous, au-delà des apparences, du visible commun. Seuls quelques audacieux osent s’aventurer dans les profondeurs sombres et glacées de ce monde inconnu et pourtant si riche de vie, d’où émane une lumière nouvelle et plus forte, presque surnaturelle ! »
Le Karaté peut être considéré comme le conflit en vous-même, ou une vie marathon qui ne peut être gagné que par l’autodiscipline, la dure formation, et vos propres efforts créatifs. »

Shoshin Nagamine (fondateur du Matsubayashi-ryu Karaté)

Christian PANATTONI – 7ème dan KARATE

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KARATE DEFENSE,  SELF DEFENSE ET KARATE DEFENSE SYSTEM

Je reviens ici (en le reprenant et le modifiant partiellement), sur un article que j’avais fait paraître sur le site karaté défense systèm.fr, rubrique « Tribune libre », tant le sujet me semble d’actualité, surtout en cette période de reprise d’activités dans les clubs.

Cette notion générale qui pourrait sembler évidente ne l’est pas forcément, du moins est-ce ma conviction, étayée par mon expérience et les nombreux propos, articles et témoignages que je recueille ici ou là.

KARATE DEFENSE :

Pour ce qui me concerne, cette dénomination générale et générique recouvre plusieurs aspects, dont celui de la Légitime défense sur lequel je reviendrai plus loin.Le Karaté défense est un aspect particulier du Karaté qu’on pourrait rapprocher du Karaté Jutsu dans sa dimension technique et du karaté do dans sa dimension mentale et les valeurs qu’il véhicule.En tant que technique de défense personnelle, le Karaté défense intègre tous les aspects relatifs à la réaction à une agression mais aussi des notions plus générales de confrontation, de la basse à la haute intensité, debout ou au sol, avec ou sans arme, avec deux ou plusieurs protagonistes.
Toutefois, selon mon interprétation, les techniques et situations proposées dans « Jutsu », sont encore trop interprétés de façon « martiale », codifiés et normalisés selon des critères techniques et situationnels trop souvent sortis du contexte spécifique de la légitime défense.

Dans le concept global du KARATE DEFENSE SYSTEM, je mets volontairement l’accent sur l’aspect Self défense, en m’appuyant fortement sur le principe juridique de la légitime défense afin de répondre aux attentes sécuritaires de nombre de nos pratiquants. Bien entendu, je n’exclus pas les extensions possibles vers une approche de confrontation élargie aux situations du domaine de la sécurité professionnelle (et aux textes particuliers qui s’y rattachent), voire à celles plus extrêmes de « survie » (domaine militaire par exemple).

LEGITIME DEFENSE :

Il ne s’agit donc pas là d’une méthode mais d’un principe légal et juridique qui définit les limites fixées aux citoyens d’un pays pour réagir à une menace ou une agression clairement identifiée. Au plan légal, ce principe est clairement défini par le code pénal, et notamment par l’article 122-5 et suivants.

Voici donc mon analyse :
-         Légitime défense : Référence au cadre légal propre à chaque état et relayé par une perception sociale, éthique et déontologique qui varie également selon l’origine et la culture ambiante.
-         Défense personnelle : Notion non définie juridiquement qui englobe les différentes méthodes et concepts proposant des moyens de réponse à une agression, verbale, physique ou psychologique.
-         Auto-défense : Principe  qui élargit le spectre recouvert par les deux précédents  et prend en compte le besoin d’assouvir personnellement un acte qui confine parfois à la « vengeance » (« la loi ne peut rien pour moi, alors je fais ma propre justice »).

LE KARATE DEFENSE SYSTEM :

Concernant les méthodes, au-delà des aspects techniques et pédagogiques, elles se distinguent donc essentiellement par la philosophie, la morale ou la déontologie que prônent les tenants de celle-ci ou celle là.Pour ma part, en raison de mon parcours personnel et de mes convictions, j’ai choisi de garder la référence au KARATE, et à ma pratique professionnelle des techniques d’intervention.
J’ai donc fait le choix d’adapter les formes techniques pour les intégrer à mes objectifs et à une prise de conscience générale se référant prioritairement au cadre légal et sociétal en vigueur dans notre pays.Ceci implique aussi une conscience claire des conséquences de nos actes : Impacts physiques, psychologiques et sociaux qui résultent d’une confrontation non désirée… Tout en étant convaincu de la nécessité de pratiquer d’une manière assidue et « dépassionnée »,  à travers un ensemble physique, technique et situationnel que j’espère cohérent au regard de l’objectif suivi.

La plupart des personnes que je croise : Elèves directs, stagiaires occasionnels, public particulier issuent d’horizons professionnels divers et potentiellement exposés à des situations « de crise », n’ont pour la plupart ni les capacités ni le temps ni vraiment « l’envie », de s’engager dans des pratiques intenses et régulières telles qu’elles sont présentées par certains instructeurs, enseignants formés ou autodidactes, « bêtes de combat » ou professionnels enclins à surfer sur la vague de la violence urbaine ambiante et pour laquelle nos publics sont peu ou pas préparés.

D’ailleurs, mais ce n’est que mon avis, la plupart de nos concitoyens, en dehors des professionnels de la sécurité et des miliaires en opération, ont peu (et tant mieux), de risque, d’être confrontés à une agression « ultime »personnelle (intensité critique avec risques corporels graves voire mortels), mais plutôt à des actes de violence globale visant un public indifférencié (terrorisme, acte de folie…/…)
En revanche, ils auront beaucoup plus d’occasions d’être pris à parti, provoqués, menacés, bousculés, par une personne de leur entourage (famille, connaissances ou relations de travail…), ou agressés par un personnage colérique, agressif et plus ou moins déterminé, alcoolisé ou sous l’effet de différentes substance illicites…., dont l’intention initiale n’est pas forcément d’en arriver à un engagement physique violent, même s’il est vrai qu’on ne peut jamais prédire l’issue d’une altercation, je vous l’accorde.
Je n’évoquerai pas le cas du « prédateur » qui agit de façon calculée et préméditée et dont l’action imprévisible, soudaine et violente (souvent mortelle), annihile la plupart du temps toute chance de réaction.

En conclusion, je dirai que chacun est libre de choisir sa pratique,  mais j’engage chacun, et surtout les enseignants, à bien réfléchir à ces propos afin de ne pas se tromper de « voie », et surtout d’entraîner avec eux des personnes qui n’auraient pas le recul et les connaissances pour discerner ce qui pourrait relever d’une pratique raisonnée et rationnelle, d’un fantasme partagé entre le « mysticisme des arts martiaux » et l’engouement pour les méthodes de combat « ultimes », très en vogue aujourd’hui.

Former des citoyens OUI, des « gladiateurs » NON ! Saul s’il s’agit d’une pratique volontaire et délibérée adressée à un public véritablement concerné et informé de ce qui l’attend !

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KATA, la forme et le fond

Forme : étymologiquement « tracer avec le pinceau une ressemblance exacte »

Moule : étymologiquement « forme originale faite en terre ». Cet idéogramme a également le sens de trace laisséeforme idéaleloihabitude

Préambule

Il ne s’agit pas ici de dresser un historique du KATA, ni de commencer un débat qui ne satisferait personne sur l’authenticité et l’utilité des formes transmises sous le nom de KATA, pas plus que de revenir sur le sens profond de ce mot dans la culture japonaise qui va bien au-delà du Karaté.De nombreux écrits sont disponibles et les meilleurs auteurs d’entre eux ont certainement une connaissance beaucoup plus approfondie que la mienne sur le sujet, qu’il s’agisse de la forme ou du fond.Je laisse donc le soin à ceux qui le souhaitent de s’y référer pour compléter ce modeste article qui me permet de donner mon point de vue sur un thème qu’il me paraît intéressant d’aborder.

I – Introduction

Au cours de ma pratique du Karaté Do Shotokan Ryu, enrichie de la confrontation à d’autres écoles et sports de combat divers, et avec le recul de 40 années pendant lesquelles je me suis entraîné sans relâche, passant de l’état de pratiquant « apprenant », à celui de compétiteur « performant », puis à celui de professeur-pratiquant-« chercheur », j’ai eu maintes fois, et j’ai encore, l’occasion de me poser la question sur la nature, l’utilité et le sens des KATA. A mon sens, nous pouvons distinguer 3 facettes principales :

  • Une culture physique, à la fois gymnique et esthétique.
  • Une discipline sportive qui pousse la première vers la performance et l’excellence.
  • Une forme codifiée basée sur l’étude des situations de combat.

Si les 2 premières sont étroitement liées et d’un abord plutôt évident, qu’en est-il de la 3ème ?
Les KATA sont-ils réellement adaptés à l’étude du combat ?
Si oui, de quelle manière et comment l’aborder ?
Si non, quelle en est alors l’utilité ?

Avant de pousser plus avant la réflexion sur le fond, je m’attarderai donc un peu sur la forme.

II – LA FORME DU KATA :

Des origines diverses
Tous les écrits nous ramènent à une réalité générale : les KATA, notamment les plus anciens, les « KORYU KATA » (kata des anciennes écoles), introduits le plus souvent par des experts « maîtres », chinois via Okinawa, ont été transmis au fil des décennies par des experts « maîtres », en totalité ou partiellement. Néanmoins, dans la plupart des cas des doutes importants sur la fiabilité des étapes de transmission sont émis.
Que ces interrogations soient fondées ou pas importe peu car les traces et les témoignages directs sont rares et pas toujours sûrs eux-mêmes, au moins jusqu’à l’orée du XXème siècle, qui connaîtra une lente mais inexorable évolution des KATA, au contact des générations qui les ont transmis.
Pour les kATA plus récents, notamment à partir du début du XXème siècle, et avant l’introduction et l’avènement du karaté au Japon, nous savons que plusieurs écoles ont essaimé à Okinawa, et que le Karaté s’est ouvert à un enseignement de moins en moins confidentiel, de manière progressive et en s’adaptant à de nouveaux publics.
Le Karaté s’est ensuite exporté vers le Japon « continental » et peu à peu, sous l’influences de certains experts « maîtres », de nombreuses divergences sont apparues entre le karaté d’Okinawa, et celui qui se développait, créant une scission entre « moderne » et « ancien », au contact d’une civilisation plus ouverte vers l’occident et ses valeurs éducatives et sportives, tout autant que martiales et militaires, héritage de la culture du Bûdo.
Ce phénomène s’est accéléré avec la création des écoles modernes qui ont rapidement, et pour une grande partie d’entre-elles, après avoir intégré la dimension des Bûdô japonais, orienté la dimension technique de leur « art » vers une expression plus « sportive », propice à la « vulgarisation » du Karaté dans un contexte de développement international, tout en tâchant de conserver leurs racines dans un monde qui s’ouvrait grandement à l’occident et aux valeurs de l’Olympisme par exemple.

Une évolution moderne et sportive :
Aujourd’hui, et malgré les «protestations» de certains défenseurs de la «tradition»,  l’évidence est de constater que certaines écoles dominantes ont largement divergé vers la forme sportive, esthétique et compétitive.
Ce constat n’est pas négatif car l’époque moderne, contemporaine, est fondée sur ce système compétitif et de recherche de la performance « comparative ». Pas de souci de ce côté-là (en tout cas pour moi).Ne pouvant parler que de ce que je connais le mieux, je vais appuyer mes réflexions sur ma pratique du Karaté Do Shotokan Ryu :
Comme l’indique les idéogrammes KATA, l’intention est donc de fixer un modèle reproductible, véritable marqueur d’une attitude supposée être la référence absolue d’un concept de pratique, reproductible à l’identique afin de normaliser la forme.
Lorsque j’ai débuté en 1974, la pratique du KATA, était considérée comme une forme de KIHON (forme fondamentale), codifiée sous forme de séquences plus ou moins complexes permettant d’affronter plusieurs adversaires « virtuels » , et nécessaire pour marquer les étapes de progression qui amenaient aux grades (ceintures de couleur puis ceinture noire). L’apprentissage se faisait essentiellement sur la répétition quantitative des formes (plus de kata, plus vite, plus fort !), et des critères qui les définissent au sein d’une école. La partie « applicative » reposait exclusivement sur ce qu’on appelait le « KATA KUMITE », qu’on répétait avec plusieurs partenaires.
La valeur objective (réalisme) des techniques et des séquences passait au second plan tant était importante celle attachée au respect de la forme et à l’engagement physique et mental qu’il était nécessaire de développer pour réussir à « placer » des défenses et contre-attaques dans un contexte où le respect de la forme du KATA était le crédo principal, voire unique de cet exercice. L’avantage de ce travail était de construire un ensemble « SHIN/ GI / TAI » (Esprit / Technique / Corps », solide et bien ancré, au-delà de toute réalité objective du combat ou de l’auto-défense (GOSHIN JUTSU).
Le but était, me semble t’il, d’amener le combattant dans un état de tension et de vigilance permanentes sur la base d’un KATA maîtrisé, voire « automatisé », tout en maintenant un haut niveau de sollicitation physique et mental, favorisant ainsi l’abandon de « l’égo » et atteindre à l’état de « non pensée » (MUSHIN), comme cela était pratiqué à travers les KUMITE et le KIHON, créant ainsi une forme et un état homogène ; chaque partie étant reliée au tout par une même dynamique.
L’inconvénient, si cela en est-un, est que cette pratique et l’enseignement qu’elle sous-tend, est considérée comme conduisant vers une certaine forme « d’élitisme », peu en vogue dans les concepts pédagogiques actuels, notamment au regard des contraintes que cela peut faire peser sur la sécurité des pratiquants, l’abnégation que cela demande ou tout simplement pour répondre au goût actuel de la diversité, voire de la consommation technique excessive (on gloutonne mais on n’approfondi pas), pour ne citer que ces exemples. Je n’ai pas de jugement à porter sur cette manière de pratiquer et je peux dire aujourd’hui quelle m’a été utile pour fixer de solides bases à mon Karaté pendant de nombreuses années, notamment sur le plan mental et physique, dans ce « grand tout » que formait le Karaté Do que je pratiquais alors, fort de ma jeunesse et de ma vigueur physique.
En terme sportif, l’avantage de cette forme d’expression du KATA à l’entraînement est qu’elle correspondait encore à ce que l’on en attendait en compétition. Il y avait peu de différence, entre la forme pratiquée à l’entraînement pour tous et celle admise en compétition, tout comme en assaut « sportif ».
Pour exemple, l’assaut de type « IPPON SHOBU »,  était la continuité logique du combat pratiqué en club, et notamment le « JIYU IPPON KUMITE », étape préalable au combat « libre », tel qu’il était conçu encore à cette époque, et avant l’avènement des catégories de poids, la mise en place des protections, l’évolution des règles d’arbitrages et des scores aux points. Si la forme d’expression sportive du KATA, était basée sur une certaine notion d’esthétisme, l’efficacité et le réalisme (notion de relation de la forme au fond), demeuraient dominants, et la participation à une compétition permettait en fait plus d’échanger les pratiques et de valider la domination d’un club ou d’un style sur un autre, un peu comme un « défi », comme en combat en fait !
La logique sportive et l’ouverture de la compétition à des publics de plus en plus jeunes et reposant sur des critères de plus en plus « normatifs » sur la qualité de la forme, ont changé la donne et le kATA pouvait dès lors s’extraire de la dynamique générale pour devenir une « spécialité » formelle ou de plus en plus considéré comme un « mal nécessaire » dans la préparation aux examens de grades.

III – LE FOND DU KATA

Le questionnement :
Mon parcours dans la quête du fond, à savoir la signification intrinsèque des techniques et séquences qui composent le KATA, m’a très vite conduit à observer, réfléchir, comparer et finalement à chercher et expérimenter. Cette recherche correspondait à une nouvelle étape de maturation dans ma pratique. Passé l’âge des certitudes basées essentiellement sur la force physique et l’accumulation de références techniques codifiées et normalisées, j’évoluais vers d’autres horizons me conduisant finalement vers un retour aux sources du Karaté comme art d’auto-défense. Afin de tenter de trouver des réponses, il a donc fallut se poser des questions :
- Pourquoi ce mouvement, ce déplacement, ne fonctionne t’il pas avec un partenaire ?
- Peut-il y avoir plusieurs niveaux d’interprétation ou de lecture d’un mouvement, d’un enchaînement, dans sa forme technique comme dans ses composantes physiques et situationnelles ?
- Fallait-il partir de la forme ou du sens donné à celle-ci, le fond « supposé » en quelque sorte ?
Où trouver les bonnes références si l’on admettait que le kata était déjà erroné à la base ou que son évolution « martiale » (le Karaté comme Bûdô, et plus seulement comme art d’auto défense),  puis «sportive (le karaté comme discipline de performance et de compétition), en avait altéré le sens originel, si tant est qu’il y en ait eu un ?
D’autre part, si l’on considère, comme on le dit souvent, que le Karaté do est un art « vivant », donc susceptible d’évoluer, n’était-il pas nécessaire de repenser certains aspect de sa pratique et notamment celle des KATA comme outil d’étude des situations de confrontation à un ou plusieurs adversaires/agresseurs ?
Bien sûr, d’autres que moi se penchent sur le sujet et comme je l’ai dit en préambule, leurs écrits et leurs recherches constituent autant de témoignages qui vont dans le sens de cet article.C’est donc bien de ma propre vision dont je vais parler, du fruit de mon parcours et de mon expérience personnelle.

La recherche :
Nul désir ici d’affirmer quoi que ce soit, mais juste partager ma réflexion avec celles et ceux qui voudront bien lire ces quelques lignes et, pourquoi pas, échanger ensuite nos idées se ce thème passionnant. Dès le début des années 90, alors que je mettais progressivement fin à ma « carrière sportive » et entamais celle de professeur (j’ai commencé à enseigner à 31 ans, au grade de 3ème dan et nanti d’un Brevet d’Etat du 2ème degré tout neuf), les questions sont apparues sur la nature du KATA et le sens à donner à celui-ci, tout en continuant à transmettre la forme selon les canons de mon école.
Après quelques recherches sur des applications essentiellement inspirées par les nombreux stages que j’avais suivis avec les nombreux experts japonais et français, j’ai rapidement constaté que certaines propositions ne me convenaient pas et qu’il me fallait explorer d’autres voies tout en m’appuyant sur les découvertes positives que je pouvait faire avec tel ou tel expert, souvent d’ailleurs en dehors de mon style, le Shotokan.
Un séjour à Okinawa, au contact de nombreux experts et Senseî  de différentes écoles « traditionnelles », m’a apporté quelques éléments complémentaires mais pas assez pour que je puisse définitivement orienter ma pratique du KATA telle que je l’entrevoyais. Dès lors, il m’est apparu que la pratique du BUNKAI, devait être au centre de ma recherche et que, par manque de références satisfaisantes ou trop partielles, il me fallait expérimenter par moi-même et trouver les bonnes « clefs » pour ouvrir les bonnes «serrures ».
Technique par technique, séquence par séquence, j’ai donc cherché de nouvelles pistes pour me rapprocher au mieux de ce que je pensais être la « bonne voie ».
Chemin faisant, j’ai acquis la certitude que les KATA, au-delà de la forme, constituent un référentiel des principales réponses à apporter face à une situation de combat ou de réponse à une agression à mains nues ou avec des armes (autres que les armes à feu par exemple). Chaque technique, prise isolément peut se lire de différentes manières et tout pratiquant (enfin en principe), sait aujourd’hui qu’un atémi peut se décrypter comme un dégagement, une saisie, une clé, un étranglement ou une projection par exemple.
Que le choix de l’une ou l’autre sera fonction de la résistance rencontrée, des opportunités offertes ou crées tout autant que du timing imposé par la situation entre autres.
Elle possède une forme « apparente » (OMOTE), et une forme « cachée » (URA), et l’exécution de la première nécessite un ajustement pour qu’elle puisse s’exprimer dans la seconde.  Chaque séquence peut prendre un sens différent à condition d’en comprendre les spécificités, notamment dans l’enchaînement des techniques qui la compose, la précède ou lui succède, et ce dans la dynamique générale des distances, déplacements, axes et postures qui leur donne vie dans la relation à l’autre (aux autres), à l’adversaire (aux adversaires).

L’appropriation :
Parallèlement à cette recherche, il m’est progressivement apparu évident qu’il fallait également revoir la forme du KATA «martial», étant entendu que l’expression gymnique ou sportive n’avait aucun intérêt, au-delà de sa dimension physique, plus propice à l‘apprentissage, et de la jeunesse qu’elle suppose. C’est pourquoi aujourd’hui, dans mon travail personnel, je change les rythmes et les cadences, modifie les séquences dans leur agencement ou leur répétition, rectifie les axes et les distances, les postures et les amplitudes de mes mouvements pour les faire « coller » à ma vision personnelle du KATA dans sa dimension de « combat » ou « d’auto défense ».  J’imagine et met en application avec mes partenaires les situations dans lesquelles elles peuvent prendre vie et s’adapter à une certaine forme de « réalité », tout en ayant bien conscience qu’une situation de combat ou de réponse à une agression peut prendre fin sur un seul mouvement ou qu’une séquence ne pourra pas toujours être menée à sa finalité telle que proposée dans le KATA, même «restructuré».
Mon parcours de compétiteur/enseignant/chercheur renforcé par plusieurs années d’exercice de terrain dans différentes unités des forces de sécurité m’a rendu à la fois humble et vigilant dans ce domaine. Toutefois, je demeure persuadé que l’entraînement régulier au KATA, à condition de le pratiquer selon les principes énoncés ci-dessus, peut apporter des réponses positives à notre recherche sur les arts de défense personnelle, tout autant qu’il contribue à forger cette fameuse trinité SHIN / GI /TAI (ESPRIT / TECHNIQUE / CORPS), si chère à notre pratique des arts martiaux mais au demeurent universelle car rien de solide, de sincère et durable ne peut s’accomplir sans cette unité.

IV – Conclusion

Bien que non exhaustif, j’espère que cet article apportera quelques éléments de réflexions utiles à votre vision de la pratique du Karaté Do et en particulier du KATA. Je précise que son contenu ne tient pas compte du niveau de compréhension ou d’exécution que chacun peut avoir au regard de son parcours personnel et de son expérience dans la pratique du karaté do.
Il ne différencie pas non plus entre les différentes écoles, « modernes » ou « traditionnelles ». Il ne prend pas partie non plus pour telles ou telles formes d’études et de pratiques qui portent peut-être en elles des réponses à des questions posées mais dont on ne peut faire l’inventaire, ni les pratiquer toutes. Le risque serait dès lors de tomber dans le piège du survol et d’une accumulation de connaissances non maîtrisées. Il s’agit donc d’une réflexion générale qui a pour vocation principale de faire partager mon  cheminement sans avoir la prétention de l’imposer ou de supposer quelle est la seule valable. Je me tiens à la disposition de toutes celles et ceux qui souhaiteraient prolonger ces propos par quelques échanges via ce site ou de toute autre manière (e.mail, discussion lors d’une rencontre, en stage ou ailleurs).

Je vous souhaite donc un excellent KATA…..et une bonne recherche !

Christian PANATTONI

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KARATE, VOUS AVEZ DIT KARATE ? !

Mon attention est de plus en plus souvent attirée sur le fait que des professeurs de KARATE, en mal de développement de leurs activités et n’ayant pas confiance dans leur propre pratique ou discipline, font appel à des « experts » d’autres disciplines orientées vers la défense personnelle et sports de contact, au sein ou en dehors de la FFKDA.   Pire, certains s’attribuent des compétences ou laissent régner la confusion entre le KARATE DEFENSE et d’autres disciplines, au point que l’on ne sait plus ce qui est vraiment pratiqué dans leurs cours.

Pour ma part, cela fait 4 ans que je me bat pour développer le KARATE DEFENSE (plus encore si l’on considère les actions que j’ai menées en ce sens depuis le début des années 2000, notamment avec la gendarmerie et les représentants de certains métiers de la sécurité), et en mettant au point le KARATE DEFENSE SYSTEM, qui représente une plateforme de travail permettant en priorité, mais pas seulement, aux karatékas d’aborder, de pratiquer et enseigner le KARATE DEFENSE de manière optimale au regard des attentes générales du public dans ce domaine.

Il est donc décourageant de voir cette situation où les clubs de Karaté organisent de plus en plus de stages avec des « experts » venus d’autres horizons, d’autres disciplines et pratiques. De voir s’ouvrir des sections diverses et variées au sein des clubs FFKDA, dont les pratiques sont tout sauf du KARATE, ou, s’il en reste quelque chose, affublent leurs sections des vocables les plus variés  mais en prenant bien garde que le mot « KARATE » n’apparaisse pas car, soit disant, ce n’est pas « vendeur » !                         Aurions-nous honte du KARATE ? Celui que nous proposons au travers du KARATE DEFENSE pour la « Self défense », ne suffit pas ? Nous manquons d’expert ? Notre approche est-elle caduque, insuffisamment en phase avec les effets de mode et d’actualité qui poussent les pratiquant massivement vers d’autres concepts ?

Que les « autres » communiquent et se « vendent », c’est normal. Mais que nous abandonnions notre identité, en l’occurrence je parle du KARATE DEFENSE en particulier pour essayer de racoler ailleurs me laisse perplexe et quelque peu désabusé !
Bougez-vous, allez voir ailleurs, apprenez et intégrez mais défendez fermement, pied à pied le KARATE dans sa dimension KARATE DEFENSE (qu’il soit SYSTEM, TRAINING ou ce que vous voudrez importe peu)..
Dans cette pratique les protocoles, les formes techniques et la démarche pédagogique peuvent, et doivent changer, s’adapter aux objectifs poursuivis.

Quelle que soit la tendance à laquelle vous adhérez sur le plan fédéral, quelles que soient les instructeurs et experts que vous suivez ou croisez, cela n’a aucune importance. Développez votre vision et enseignez-la mais de grâce, si vous êtes karatéka, ne méprisez pas votre propre discipline, soyez-en fier, représentez-la, faites la évoluer selon vos critères mais restez-lui fidèles si vous ne voulez pas que demain le KARATE (DEFENSE), soit ignoré et au final considéré comme inutile et phagocyté par les autres disciplines de défense personnelle !

Oui, il faudra du temps pour imposer notre « marque », redonner confiance et faire savoir que le KARATE DEFENSE, a tout autant de valeur que d’autres disciplines de « self défense », qu’il sait s’adapter à la demande et répondre aux attentes de tout un chacun, j’en suis persuadé et je formule le vœu que vous aussi partagerez cette même conviction et relaierez cette prise de position.

Un passionné !

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Chers amis et visiteurs,

Vous trouverez ici la réponse que j’ai rédigée en écho à un article paru sur un site spécialisé mais auquel je ne peut répondre en l’absence de contact direct et n’ayant été prévenu de la parution de cet article que par un ami qui m’a indiqué où le trouver.

Je vous le donne ici pour que, si vous le souhaitez, puissiez en prendre connaissance: http://www.davidmanise.com/forum/index.php?topic=62723.0

Voici donc ma réponse :

Bonjour,

Bien que je n’aille personnellement que très rarement sur les blogs et autres sites de dialogues, j’ai été amené à consulter votre article qui m’a été transmis par un ami. Dans un premier temps, je vous remercie d’avoir participé au stage de Le Rheu, et pour votre analyse globale.Sans entrer dans les détails, je vous remercie également pour les remarques positives que vous formulez en 1ère partie et je vais tenter de répondre (et sans esprit polémique) succinctement à la 2ème partie de votre analyse, plus critique quant aux choix opérés ce soir là et aux enseignements que vous en tirez.

Pour reprendre votre expression sur l’image du « verre à moitié plein ou à moitié vide », je la conçois plutôt positivement car il eut été, comme vous le soulignez fort bien, très compliqué de remplir tout le verre au cours d’un stage de découverte qui, échauffement et retour au calme retirés, n’aura laissé qu’environ 1 heure de travail (auquel il faut également retirer les temps d’explications et démonstrations, de mises en œuvre et de corrections…), soit un temps « utile » d’environ 45mn maxi.

Qui plus est, vous semblez être un homme averti dans le domaine de la défense personnelle (et de la survie, qui n’est pas mon créneau), ce qui n’est sûrement pas le cas de nombreux stagiaires présents ce jour là et qui, par conséquent, auront eu un ressenti différent du vôtre. Je compare souvent ce type de stage à la bande annonce d’un film au cours de laquelle il faut tenter de convaincre son auditoire d’aller voir tout le film en quelques minutes… ! Pas simple et surtout difficile d’être sûr qu’on a choisi les bonnes séquences.

S’agissant donc d’un stage « de masse », regroupant des personnes issues de motivations, de parcours, de pratiques, de niveaux et de conditions différentes, il est toujours délicat de trouver un langage commun à travers lequel les stagiaires vont pouvoir se rencontrer et échanger ensemble, chacun à sa vitesse et selon ses besoins et attentes (quand il y en a).  Un de vos interlocuteurs fait référence à des petits bouts de vidéo que j’ai insérés sur mon site. Effectivement, elles montrent, parfois avec humour d’ailleurs, certains aspects techniques de ma pratique mais ne sont pas représentatives de l’ensemble, n’ayant pour but que d’assurer une présentation sommaire de notre approche technique.

Pour ce qui concerne les séquences « codifiées », type « Bunkaï », elles ne sont pas une finalité mais le moyen de montrer à mon public principal, issu du Karaté, que des passerelles sont possibles avec  nos pratiques « traditionnelles » mais ne sont en aucun cas obligatoires.A ce sujet, je dirai aussi, pour avoir consulté de nombreux sites spécialisés, que tous présentent leurs pratiques et méthodes sur des situations « codifiées » et aux réponses  «normalisées », quand elles ne sont pas, dans certains cas trop fréquents à mon goût,  franchement irréalistes et spectaculaires, en tout cas inabordables par le commun de nos élèves.

Comme évoqué également par vous-même et certains de vos lecteurs, même si effectivement la gestion situationnelle, celle des émotions et du stress induit par une situation plus ou moins critique, demeure essentielle, il n’en est pas moins tout aussi évident que la « technique » (défensive ou offensive), est le lien qui permet la communication entre les pratiquants. Libre à chacun de l’interpréter et de se l’approprier tout au long du processus d’apprentissage et de perfectionnement (seul moyen d’ancrer, voire d’automatiser une réaction face à un évènement fortuit ou attendu), plus ou moins long et intense et que chacun suivra (ou pas !), s’il espère arriver à un minimum de résultat sous stress.

A défaut d’être parfaite, cette approche technicienne permet de sécuriser les cours et limite au mieux les risques de blessures qui pourraient résulter de gestes mal maîtrisés. Quant à l’intensité de l’engagement, je laisse toujours à chacun le choix et me contente de proposer un rythme général que chacun peut adapter selon ses capacités et surtout, celles de son ou des ses partenaires. Faire monter la pression et amener mon public « dans le rouge » ne me pose aucune difficulté, tout dépend du thème abordé et de la volonté des organisateurs de stage. Certes,  certains techniciens, experts, professionnels ou non des métiers de la sécurité, proposent d’autres approches mais, soyez persuadé que ma conception générale est bien plus ouverte que ce que vous avez pu observer ce jour là.

Au-delà des aspects techniques, je propose un ensemble assez large de mises en situations interactives dans lesquelles sont abordées toutes les facettes d’une situation conflictuelle, de la phase initiale (échange verbal, gestions de l’environnement matériel et humain, analyse situationnelle…etc), jusqu’au désengagement (qui peut éventuellement être opéré avant l’affrontement), après confrontation physique à divers niveaux d’intensité.

Pour être plus complet, je voudrais également aborder un point qui me tient à cœur et qui concerne  ce qu’on appelle de façon très générique « SELF DEFENSE ».Cette notion générale recouvre de nombreux aspects dont je ne retiendrai que les 3 principaux :

-         Légitime défense, en référence au cadre légal propre à chaque état et relayé par une perception sociale, éthique et déontologique qui varie également selon l’origine et la culture ambiante.
-         Défense personnelle, qui englobe les différentes méthodes et concept proposant des moyens de réponse à une agression, verbale, physique ou psychologique.
-         Auto-défense, qui élargit le spectre et prend en compte le besoin d’assouvir personnellement un acte qui confine parfois à la « vengeance » (« la loi ne peut rien pour moi, alors je fais ma propre justice »…/….).

Concernant les méthodes, elles se distinguent donc essentiellement par la philosophie que prônent les tenants de celle-ci ou celle là. Pour ma part, peut-être (sûrement…), en raison de mon parcours professionnel et de mes convictions personnelles, j’ai choisi une voie (référence aux arts martiaux que je pratique depuis 40 ans… ?), dans laquelle  je tente d’amener mon public à une prise de conscience globale : cadre légal et sociétal, conséquences de nos actes et impacts physiques, psychologiques et sociaux qui résultent d’une confrontation non désirée…, tout en essayant de le convaincre à pratiquer d’une manière assidue et « dépassionnée », à travers un ensemble physique, technique  psychologique et situationnel que j’espère cohérent même si effectivement il peut sembler insuffisant aux yeux de certains.

Je dis souvent que, selon moi, le meilleur résultat c’est de constater qu’une personne qui vient pratiquer avec le souci de résoudre un conflit intérieur lié à une crainte avérée ou non et relative à une violence vécue ou supposée, ne vienne plus que pour le plaisir de la pratique et de l’échange avec ses camarades d’entraînement, oubliant (presque), sa motivation antérieure (une sorte de thérapie en quelque sorte).

La plupart des personnes que je croise (élèves directs, stagiaires occasionnels, public particulier issu d’horizons professionnels divers et potentiellement exposés à des situations « de crise »), n’ont ni les capacités ni le temps ni vraiment « l’envie », de s’engager dans des pratiques intenses et régulières telles qu’elles sont présentées par certains instructeurs, enseignants formés ou autodidactes, bêtes de combat ou professionnels enclins à surfer sur la vague de la violence urbaine ambiante et pour laquelle nos publics sont peu ou pas préparés.

D’ailleurs, mais ce n’est que mon avis, la plupart de nos concitoyens ont peu (et tant mieux), de risque, d’être confrontés à une agression « ultime » (intensité critique avec risques corporels graves voire mortels). En revanche, ils en auront beaucoup plus d’être pris à parti, provoqués, menacés, bousculés, agressés par un personnage colérique, agressif mais non « déterminé », alcoolisé ou sous l’effet de différentes substance illicites….dont l’intention initiale n’est pas d’en arriver à un engagement physique ultra violent (même s’il est vrai qu’on ne peut jamais prédire l’issue d’une altercation, je vous l’accorde).

Je n’évoquerai pas le cas du « prédateur » qui agit de façon calculée et préméditée et dont l’action imprévisible, soudaine et violente (le plus souvent mortelle), annihile la plupart du temps toute chance de réaction.

Pour conclure, ayant participé à ce « micro-stage » vous auriez pu m’informer de votre volonté d’analyse éditée quelques temps plus tard sur votre forum, en m’en envoyant une copie par mail par exemple. Cela aurait permis un échange très intéressant car je suis convaincu que vous êtes attentif au développement de nos pratiques et ouvert au débat.

Je vous souhaite donc une bonne continuation dans vos activités et vous dis peut-être à bientôt, ici ou là, lors d’un autre stage.

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Chers amis visiteurs,

La récente lecture d’articles divers sur la diversification des pratiques ou chacun prend position sur telle ou telle conviction me pousse à reprendre la plume et rédiger ces quelques réflexions que je livre à votre analyse. Au centre du débat se trouve le KARATE (de quoi d’autre pourrions-nous bien parler n’est-ce pas ?).
Qu’est-ce donc que le KARATE ? Peut-on le découper en plusieurs pratiques, en plusieurs disciplines qui auraient chacune leur valeur absolue ou s’agit-il d’un tout indissociable et universel ?  En fait tout est dans le terme employé pour le qualifier !

KARATE =  DO / JUTSU / DEFENSE / CONTACT / BODY …/… ?

Le KARATE, aujourd’hui, en l’an 2014 après JC, ou plus précisément en l’an 57 après le décès de Senseï FUNAKOSHI, ou en l’an 99 après la mort de senseï ITOSU (et on pourrait citer un grand nombre de ceux qui ont marqué un tournant dans la pratique du KARATE, et chaque représentant d’école, style ou courant aurait beaucoup à dire sur le sujet, mais bref…), suit une évolution, une transformation, tant sur les plans techniques que pédagogiques , moraux ou spirituels, que nul ne peut avoir la prétention de contrôler.
Quel serait ce grand horloger qui pourrait décider à quel moment le KARATE a atteint sa maturité, son authenticité sans prendre en compte les réalités sociétales de son contexte d’évolution pour finalement, le figer dans les limbes d’un passé révolu.
Néanmoins, il est vrai que Le KARATE, demeure malgré tout véhiculé par une tradition qui s’est peu à peu, non pas diluée, mais mélangée, adaptée aux us et coutumes des pays et des êtres qui l’ont adopté puis peu à peu intégré dans leur culture. Il perdure mais s’adapte aux attentes et besoins de chacun selon le pays où il s’épanouit. Qui pourrait affirmer que la pratique du KARATE a la même résonnance selon le pays ou la région du monde dans lequel il s’est implanté ?
A en croire les écrits de nos chercheurs spécialisés, le TE, technique d’auto-défense rudimentaire, discipline âpre et rustre adaptée aux besoins des autochtones, s’est progressivement transformé en une technique plus élaborée, plus raffinée, notamment sous l’influence chinoise, puis japonaise et s’est finalement adapté à la conquête d’un public élargi (exemple des modifications  apportées par le maître Itosu pour que le karaté convienne aux enfant des écoles d’Okinawa du début du 20ème siècle…….Oh combien différents des enfants français du 21ème siècle par exemple !).
Il a augmenté le nombre de ses adeptes en gagnant les universités du Japon puis en s’exportant massivement dès les années 50/60. Surtout, il s’est ouvert à la dimension sportive apparue au 20ème siècle, avec son message de fraternité universelle et d’ouverture au monde moderne, comme l’avait déjà soutenu et encouragé O senseï Jigoro Kano avec le Judo. Cette évolution « naturelle » a donc conduit à un élargissement de l’offre et de la demande. Dès qu’une pratique devient plus « populaire », il faut s’attendre (à moins de la figer dans le formol…), à ce qu’elle soit contrainte de s’adapter et donc d’évoluer !  Dès lors, pourquoi toutes ses polémiques et prises de positions autour du concept KARATE.

L’art, les sciences et la technologie évoluent, s’adaptent, se transforment. Certaines applications ne s’adressent qu’à un public restreint du fait de leur haut niveau de compétence et de compréhension. D’autres plus simples et directes, permettent à un public plus large d’aborder et de s’initier, à des niveaux divers, aux plaisirs de la modernité et du contemporain. Qui pourrait affirmer que les œuvres de Van Gogh ou de Kandinsky sont inférieures à celle de Léonard de Vinci ou de Rembrandt ?
Au-delà des techniques employées, ce qui importe, c’est l’émotion ressentie n’est-ce pas ?
De même, qui pourra soutenir que la Ford T des années 30 est supérieure au dernier modèle de base de telle ou telle marque de voiture aujourd’hui ?
Ce qui importe, c’est que, quelle que soit sa valeur initiale, ma voiture m’apporte la sécurité, les performances ou le confort que j’en attends, non ?
Tout est affaire d’époque, de connaissance et de maturation. Le progrès est la forme agglomérée des connaissance antérieures dont le lien, le ciment, est le respect des valeurs et principes véhiculés par les traditions locales ou universelles.
Pratiquer le karaté « sportif », ou de « défense personnelle », ou « martial », ou de « contact » etc….c’est pratiquer le KARATE tout court, j’allais dire « tout simplement ».
Ce qui compte en fait, ce n’est pas l’étiquette apposée sur telle ou telle pratique mais bel et bien la qualité de la matière enseignée, la richesse et la justesse technique et pédagogique de l’enseignant tout autant que son charisme, sa morale, son éthique  et le respect de ses élèves.
Pour ma part, lorsque j’enseigne le KARATE DO, ou le KARATE DEFENSE, mon engagement, ma démarche, mon exigence, sont les mêmes. Seules les motivations, les protocoles ou les finalités situationnelles (dans le sens d’une réalité sociologique et légale en rapport avec la violence réelle ou supposée), influencent la ligne de démarcation qu’il me semble nécessaire d’identifier quand on enseigne le domaine de la défense personnelle notamment.
Au final, j’essaie d’agir avec les élèves (permanents ou stagiaires occasionnels), comme je le fais pour moi-même. Au bout d’un certain temps, j’en arrive à ne plus savoir pourquoi je suis là, pourquoi je m’entraîne assidument chaque jour et ou me mène ma pratique.
De même, s’il est normal que les élèves viennent aux cours avec le sens précis de ce qu’ils attendent, de leur motivation première, il est vital qu’à terme, à force de persévérance et d’abnégation, ils viennent à l’entraînement juste pour le plaisir (malgré la douleur nécessaire et incontournable si l’on souhaite rester « vrai »), oubliant peu à peu quelle était leur attente initiale. En fin de compte, être là, ici et maintenant, dans le partage et le désir d’apprendre, de donner et recevoir est essentiel.

N’est-ce pas là finalement le message éternel des pratiques martiales, ou sportives, et pour ce qui nous concerne plus particulièrement, du KARATE !

Christian PANATTONI

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Chers amis, sympathisants et visiteurs occasionnels,

La récente demande d’une personne qui souhaitait trouver une réponse au traumatisme qu’elle a vécue, consécutif à une agression soudaine et brutale sur son lieu de travail, m’a conduit à lui adresser une réponse que je vais vous faire partager tout en la développant un peu plus néanmoins.

1 – Synthèse de la réponse :

Le KDS est un concept d’entraînement global intégré à la dimension générale du KARATE DEFENSE, dont l’objet est de proposer un entraînement cohérent et adapté aux techniques et situations de self défense personnelle.

Par conséquent il incorpore les différentes dimensions d’une agression et confrontation (ou « bagarre« , que je préfère au mot « combat« , qui, selon moi fait trop référence à une action volontaire et préparée, plus ou moins encadré par des règles, même si elles sont ultimes…), qui en résultent sur les plans : Physiques, techniques (mains nues, armes courantes, debout, à genou, au sol…), émotionnels, psychologiques,…notamment dans les mises en situations interactives (scénarios d’agressions et réactions associées).

Quoi qu’on puisse entendre ou lire ici et là, il n’y a aucune méthode qui confère l’invulnérabilité et le principal demeure dans le sérieux que l’on met à s’entraîner, à « préparer la guerre »….mais en ayant bien conscience que l’agresseur, voire le prédateur, a toujours un temps d’avance et que parfois, le moins pire et toujours mieux que le pire !

2 – Réflexion complémentaire :

De nos jours, la demande aidant, il existe une multitude de propositions et, quoiqu’on en dise ou puisse en penser, cela est inévitable.

Qui propose la meilleure méthode ? Quels sont ou seraient les critères qui définissent une « bonne méthode de self défense » … ?

Personnellement je n’ai pas de réponse absolue à ces questions. Je pense sincèrement que la recette « idéale » pourrait contenir les ingrédients suivants qui sont, bien entendu, présentés ici succinctement et mériteraient un développement plus approfondi et que je laisse à votre propre réflexion :

L’ENSEIGNANT (Entraîneur, expert…).:

Un ENSEIGNANT EXPERIMENTE : C’est-à-dire ayant une pratique martiale et/ou sportive reconnue et un vécu « professionnel » vérifiable (armées, forces de sécurité, sécurité publique….), et si possible nanti des certificats et diplômes qui attestent de sa formation professionnelle et de son parcours réel.

Un ENSEIGNANT FORME : C’est-à-dire possédant aussi les qualifications nécessaires et indispensables qui garantissent ses compétences pédagogiques et la connaissance des publics auxquels il aura à faire (diplômes fédéraux et d’Etat, diplômes professionnels…).

Un ENSEIGNANT RESPONSABLE : C’est-à-dire au fait du cadre juridique qui encadre les différents concepts liés à l’usage de la force, de la « légitime défense » et de la violence en général, non seulement sur le plan légal et règlementaire mais aussi dans sa dimension sociétale.

L’APPRENANT (élève permanent ou occasionnel, stagiaire…)

Des ELEVES MOTIVES : C’est-à-dire ayant une conscience claire de ce qu’ils attendent de ce type d’entraînement et capables d’en accepter les contraintes.au regard de leurs capacités (Toutefois si cette motivation et cette conscience n’existent pas, créer les conditions nécessaire pour stimuler leur adhésion.)

Des ELEVES ENGAGES : C’est-à-dire capables d’accepter l’intensité (qui peut se faire dans la bonne humeur quand même), des entraînements et mises en situations, tant sur les plans physiques qu’émotionnels et psychologiques qu’impliquent cette forme de pratique.

Des ELEVES CONSCIENTS : C’est-à-dire qui acceptent le fait que nulle méthode ne peux garantir la bonne réaction au bon moment dans la « réalité », tant les variables qui influent sur la situation vécue sont multiples et ce malgré toutes les préventions mises en œuvre et les automatismes développés à l’entraînement.

Je conclurai en émettant l’hypothèse que, selon moi, l’alchimie complexe qui procède à la réussite d’une action d’enseignement, d’entraînement et de formation passe nécessairement par les facteurs développés ci-dessus auxquels on pourrait ajouter :

-       Le facteur sociétal et environnemental (seuil de tolérance à la violence, traitement et réponse pénale…/…).

-       Le facteur « matériel » (fréquence, lieux et conditions d’entraînement)

-       Et bien sûr, le facteur CHANCE, qui fait que certaines personnes non entraînées ont la bonne réaction au bon moment (fuite, négociation, riposte…), et que d’autres, soit disant « préparées », se font avoir « au coin du bois », même si nous sommes tous d’accord pour dire que l’entraînement demeure encore la meilleure garantie d’avoir les moyens de faire face et de prendre conscience des dangers encourus.

Je vous laisse donc à vos propres réflexions et argumentations sur les quelles je serais heureux d’échanger avec vous.

Christian PANATTONI – concepteur du KDS

« SI VIS PACEM, PARA BELLUM ! »
(Si tu veux la paix, prépare la guerre !).

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Chers visiteurs,

Vous trouverez ci-après la synthèse de quelques réponses que j’ai faites recemment faisant suite à divers propos tenus ici ou là (facebook, blogs….) concernant des articles sur des stages de KARATE DEFENSE SYSTEM.
Il semble que le KARATE DEFENSE SYSTEM attire l’attention ce qui est un bon signe car cela prouve le KDS est en train de trouver sa place dans le microcosme des disciplines, méthodes et autres concepts de defense personnelle.
Néanmoins il apparait à travers certaines critiques ou remarques bienveillantes glanées ici ou là que certaines personnes mettent en avant la nature « spontanée », « réaliste » et « non conventionnelle »  de  la self defense que les arts martiaux, sports de combat ou certaines pratiques de défense personnelle n’offriraient pas.
Certes mais ne mélangeons pas la finalité avec la méthode, le résultat avec les modes d’apprentissage et surtout ne laissons pas croire que toutes les situations d’agression sont ultimes, définitives et dangeureuses à l’extrême.
Concernant l’enseignement distinguons au moins 3 niveaux :
- apprentissage codifé et semi-libre accompagné et régulé dans le cadre d’une séance ou d’un stage ouvert à tous les publics.
- restitution dynamique et ouverte dans le cadre de mises en situations/evaluations effectivement nécessaires à la prise de conscience et à l’expérimentation du stress généré par une situation plus ou moins dégradée.
- « Mise à l’épreuve » en situation dégradée dans laquelle rien n’est codifée mais avec les préventions de sécurité indispensables pour la protection des pratiquants.

J’ai volontairement « omis » ici une quatrième option qui consisterait à « lâcher » le candidat en milieu hostile, voire à provoquer une bagarre pour vérifier « l’efficacité » de l’entrainement….comme on pourrait lâcher aussi un parachutiste sans son parachute pour vérifier sa maitrise de l’imprévu !
Pendant les presque 40 années de pratique régulière et assidue du KARATE DO , sportif et de compétition, mais aussi à l’occasion de mes formations aux sports de combat, combat corps à corps et commando, j’ai éprouvé dans ma chair et dans ma tête (au sens physique et psychologique) les effets d’un entraînement intensif mais structuré et progressif. C’est d’ailleurs le plus souvent à l’entraînement avec des « partenaires/adversaires » coriaces et engagés que j’ai le plus souffert et souffre encore de temps en temps.

Quant à   »la réalité de la rue » , du parking, de la cage d’escalier, du bar ou de la piste de danse, je n’ai jamais pu établir une vérité absolue si ce n’est que le jour ou une agression réelle se produit, le nombre de facteurs émotionnels, physiques, techniques et environnementaux sont tellement variés et complexes qu’il me semble difficile de prédire quoi que ce soir dans ce domaines.
Tout cela me fait également penser à ce que nous disions entre « gens d’armes » : « Et pourquoi pas nous tirer de temps en temps une balle réelle dans différentes parties du corps pour en éprouver la douleur et les effets! ».

Pendant les 13 années ou j’ai exercé les fonctions de commandant d’unité d’intervention, d’instructeur des techniques d’intervention professionnelle et de formateur régional, j’ai participé à de nombreuses opérations et interventions ayant nécessité l’emploi de niveau de force divers et variés, dans des contextes allant de la basse à la très haute intensité, balayant tout le spectre d’usage de la force: à mains nues, avec des moyens de force intérmédiaire (bâton telescopique, taser, lanceur de balle de défense) et armes à feu.
La justesse de la réponse légale et l’efficacité des moyens déployés étaient le résultat d’un entraînement quotidien méthodique et structuré.
Les techniques étaient éprouvées par l’engagement physique, parfois très poussé, et des mises en situations « opérationnelles » permettant d’envisager toutes les facettes d’une confrontation individuelle, en binôme ou en équipe, à mains nues ou avec différents types d’armes et moyens d’intervention complémentaires.
Toute autre approche serait vaine et ne ferait que tromper le pratiquant moyen et développer chez lui une sorte de « psychose paranoïaque de la violence » peu propice à l’équilibre physique, mental et moral auquel chacun de nous aspire, même, et surtout, au travers des techniques de confrontation à mains nues ou armées.

CONCLUSION:

Je suis convaincu que tous les enseignants responsables quelque soit leur parcours personnel, leur recherche et leur conviction pnt à coeur de proposer une pratique progressive et cohérente à leurs élèves. Distinguer et identifier les besoins en tenant compte des capacités et motivations de chacun est un gage de sérieux et de professionnalisme. Nul doute qu’il n’y a pas de référence absolue, unique et invariable. La seule certitude réside dans la modestie et la prudence, ainsi que dans les respect des valeurs humaines, sociales, morales et légales qui doivent prédominer lorsque l’on prend la responsabilité d’enseigner les disciplines de combat ou d’auto-défense.

Christian PANATTONI
7ème Dan KARATE DO
Instructeur et concepteur KDS – BEES 2  (DESJEPS)

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POSITIONNEMENT DU KARATE DEFENSE SYSTEM ET EXPERTISE

Faisant écho à diverses questions et interrogations qui me sont adressées sur la position du KARATE DEFENSE SYSTEM et de la reconnaissance du statut d’expert par la FFKDA,  je tiens à apporter l’éclairage suivant :
Tout d’abord, je rappelle que le KDS, a été créé officiellement, avec dépôt du logo et produits dérivés à l’INPI, en septembre 2010 et qu’il entre donc dans sa 4ème saison. A ce jour, il est enseigné par 70 cadres qualifiés au sein du concept, tous titulaires de la ceinture noire (1er à 7ème dan) et d’un diplôme d’enseignement fédéral ou d‘Etat. Cette initiative répondait (et répond encore si on considère son évolution actuelle), aux attentes de nombreux pratiquants de Karaté, élèves et professeurs de tous styles et disciplines, mais aussi de personnes désireuses d’aborder la self défense dans le contexte des clubs de la FFKDA. Depuis la saison dernière, la FFKDA, a créé et assure la promotion, ce qui est son rôle, d’une méthode d’entraînement appelée KARATE DEFENSE TRAINING.

Pour répondre à vos interrogations, je précise donc que l’appellation fédérale pour une pratique de type « self défense » ou assimilée est KARATE DEFENSE, comme cela figure sur les options de vos licences. Cette appellation est du domaine public général et tout licencié peut s’y référer, le pratiquer ou l’enseigner.

  • Le KARATE DEFENSE TRAINING, constitue la proposition fédérale, relayée par les outils dont elle dispose (expert fédéral, DVD, publications diverses…/…) permettant à nos licenciés d’aborder une méthode d’entraînement cohérente au regard de cette option. Il ne s’agit pas d’une exclusivité, d’un style ou école, et la pratique du KDT n’est pas opposée à celle d’autres méthodes, concepts ou propositions diverses en lien avec l’appellation KARATE DEFENSE.
  • Le KARATE DEFENSE SYSTEM, qui puise ses racines dans le Karaté Goshin jutsu, est un concept de travail du KARATE DEFENSE, qui procède de la même démarche et ne peut être opposé à celui du KDT, et réciproquement. Qu’il soit développé à titre personnel, par un enseignant quel qu’il soit, même s’il n’a pas le statut d’expert fédéral,  mais dans le contexte fédéral (clubs, licenciés…), est tout à fait légitime et conforme au cadre réglementaire et juridique de la FFKDA.
  • Je rappelle que tout enseignant peut se prévaloir des pratiques de son choix parmi celles proposées par la fédération (karaté do, jutsu, Karaté défense, karaté contact, mais aussi body Karaté.…), ce que lui confère le grade de ceinture noire et/ou les diplômes fédéraux ou d’Etat qu’il possède.
  • De même que la pratique, le titre ou la qualification de l’enseignant, qu’il soit ou non désigné comme expert fédéral ou équivalent, ne procure aucune prérogative en terme de reconnaissance de la méthode ou style proposé (suivre un stage avec un expert fédéral, outre la qualité technique et pédagogique de l’intervenant apporte seulement un bonus en terme de points pour les grades et la possibilité pour la structure qui l’invite de faire l’économie de la prestation, assumée par la FFKDA, hors frais généraux).
  • De fait, la dénomination d’EXPERT, est libre, et tout un chacun, en fonction de la valeur qu’on lui reconnait : grade, compétences techniques et pédagogiques, expérience, personnalité…., peut se prévaloir de ce titre, dans la mesure où il ne l’associe pas au terme « Fédéral ».

En conclusion, et pour « rassurer » ceux qui sont dans le doute, pratiquer ou enseigner le KARATE DEFENSE SYSTEM, occasionnellement lors de stages, de séminaires ou de manière régulière dans vos clubs et sections particulièrement dédiés à cette forme de pratique, est tout a fait légitime et ne pose aucun problème règlementaire ou juridique au regard de la FFKDA. De même, nul n’est « obligé » de pratiquer le KARATE DEFENSE TRAINING, ou toute autre discipline et méthode d’entraînement proposée par la FFKDA. Seules l’envie et la motivation prévalent.
Quel que sera votre choix, votre approche, votre conviction, il demeure que l’essentiel est contenu dans la pratique et l’enseignement de votre discipline, quelles que soient les références auxquelles vous êtes attachés. Et la valeur que vous accorez aux professeurs, « experts », que vous suivez ou rencontrez. La multiplicité des offres et des pratiques est un signe de bonne santé au sein de la FFKDA, et je vous engage à explorer toutes les pistes que vous voudrez ou pourrez suivre afin de satisfaire votre soif de connaissances. Enfin, vous trouverez en annexe, les éléments statistiques de progression du KDS pour la saison qui vous éclaireront sur l’évolution du concept (et tout autre document et infos que vous pouvez suivre sur le site karatedefensesystem.fr).

Je vous souhaite une excellente saison et je serai heureux de vous retrouver ici ou là pour partager notre belle discipline et construire ensemble le KARATE de demain.

Christian PANATTONI 7ème dan FFKDA– BEES 2
Expert en KARATE DO, JUTSU, DEFENSE
Concepteur du KARATE DEFENSE SYSTEM., /